Les élus municipaux du Groupe PRG d’Amiens sont déçus et indignés en apprenant que
Matignon désapprouve la création de lieux d’accueil des toxicomanes où leur consommation
y serait autorisée et encadrée.
Ces lieux appelés à tort « salles de shoot » ont d’ailleurs essaimé un peu partout en Europe
et sont régulièrement cités par les associations et les professionnels de santé comme
maillons importants dans un dispositif de lutte contre les addictions aux stupéfiants.
Guillaume Bonnet, Maire Adjoint à la Santé ne comprend pas cette décision. « Cette attitude
est consternante car elle est avant tout motivée par des raisons idéologiques », précise-til.
« Il s’agit de faire plaisir à la partie la plus conservatrice de l’électorat de droite ».
Selon les élus radicaux il faut faire preuve de plus de pédagogie sur ces questions pour éviter
les amalgames et ils rappellent que dans ces structures la consommation y est strictement
limitée, personnalisée et accompagnée par des médecins. « On a vite fait de réduire ces lieux
à des espaces de consommation sans règles ou de promotion de comportements addictifs »,
ajoute Guillaume Bonnet. « Mais ce sont avant tout des lieux d’accueil des toxicomanes où on
essaie de trouver des solutions à leur condition, de leur proposer un accompagnement et
voire pour certains un premier contact avec les soins. »
Pour tous ce dispositif méritait d’être expérimenté indépendamment de tout clivage
politique et ils incitent fortement le gouvernement et le Premier Ministre à faire preuve de
bon sens. « Ces lieux apportent une réponse à des problématiques de santé publique et
permettent aux corps médical de mieux suivre cette population marginalisée et très fragile »
conclut Marie-Hélène Luczak, Présidente du Groupe. « Pour beaucoup pénétrer dans ces
lieux marque un nouveau départ ».